Syndicalisme en Haïti
José Gómez Cerda
Capitale: Port-au-Prince, Langues officielles: français et créole, Groupe majoritaire: créole (98,5 %), Groupes minoritaires: français (1,5 %), Système politique: république
Exportations: Produits manufacturés (surtout produits alimentaires en conserves, équipements électriques, textiles et vêtements), café (10%), produits artisanaux en bois et un sisal, huiles essentielles, sucre, câbles et cordes, ficelle.
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Partageant l’île d’Hispaniola avec la République Dominicaine, le pays mesure 27.750 km2. En 2000, sa population est estimée à 7,8 millions avec taux de croissance annuelle de 2%. En 2004, le PIB est de 4,3 milliards de dollars américains et le PIB per capita 566 dollars.
Après une timide reprise, en 1995, les turbulences politiques ont vite fait de replonger l’économie dans sa spirale descendante. Le taux de croissance du PIB décroît de manière continue, passant de 3.1% pour l’exercice 1997-1998, à -1,2 pour l’exercice 2000- 2001.
Les principaux bâilleurs multilatéraux et bilatéraux ont bloqué l’aide internationale au développement. Avec une croissance démographique de 2,08%, les conditions de vie de la population ne cessent de s’aggraver. Le taux de chômage et de sous emploi est de plus de 60%. Le taux d’inflation qui avait baissé à 8.12% en 1998-1999 est remonté à 11,42 % pour l’exercice 2000-2001.
La balance des paiements est nettement déficitaire avec des importations de l’ordre d’un milliard de dollars américains alors que les exportations s’élèvent à 350 millions.
Le gouvernement haïtien devra payer, pour l’exercice fiscal 2005-2006, près de 39 millions de dollars pour le service de la dette externe évaluée à 1milliard 300 millions de dollars américains. Ce montant pèse lourd dans le budget de l’Etat haïtien qui doit honorer chaque année ses obligations envers les bailleurs de fonds bilatéraux et multilatéraux.
Secteur Salariés Employeurs Indépendants Aides familiaux Total par secteur
Certaines catégories de la population active sont beaucoup plus touchées par le chômage et le sous-emploi. C’est le cas, notamment, des jeunes. La proportion de la population entre 20 et 44 ans est estimée à 45%.
Ces jeunes se retrouvent pour la plupart dans le secteur informel urbain et sont durement affectés par le sous-emploi.
Les femmes sont plus touchées par le chômage et le sous-emploi que les hommes, 60% des femmes rurales était au chômage, soit deux fois plus que les hommes.
97% de la population ne bénéficierait d’aucune forme de protection sociale pendant la même période
Le taux d’analphabétisme des adultes est de 59,9% et le taux de scolarisation combinée 70,4%. .
L’espérance de vie à la naissance est de 58 ans et la probabilité de décès avant 40 ans est de 24,2%.
Le taux d’enfants de moins de 5 ans souffrant d’insuffisance pondérale est de 17,3%.
Le taux de mortalité infantile (enfants de moins d’un an) est de 73,9 pour 1000;
Le taux de mortalité juvéno-infantile (enfants de moins de 5 ans) est de 130,6 pour 1000;
Il est évident que cette situation de faillite économique et sociale à un impact considérable sur le développement du mouvement syndical ne serait ce que du fait de la précarité de l’emploi créée par l’augmentation constante du chômage.
La syndicalisation dans Le secteur agricole
Même si le syndicalisme acquiert peu à peu sa maturité, vu les graves problèmes auxquels sont confrontés les travailleurs ruraux, le succès consiste à éveiller la conscience de la majorité et démontrer que le syndicalisme est bel et bien un moteur de développement humain. Par ailleurs, il importe aussi de surmonter des obstacles tels que la culture, le manque de communication, l’analphabétisme et le chômage.
Le secteur agricole emploie la majorité des pauvres en Haiti, dont beaucoup sont privés de leurs droits à la liberté syndicale ou à l’organisation et à la négociation collective. Les travaux réalisés par des enfants sont très divers, allant de tâches légères et brèves après l’école à de longues activités de subsistance.
Les femmes sont celles qui produisent et fournissent les aliments, mais elles restent « invisibles » dans le développement. Et ce, malgré toutes les connaissances qu’elles possèdent sur la valeur des ressources génétiques et leur utilisation à des fins agricoles et alimentaires.
Le secteur agricole occupe près de la moitié de la population active du pays. C’est donc le plus grand bassin de travailleurs. Cependant les modes de production qui prédominent à la campagne sont plutôt archaïques.
Les grandes exploitations agricoles capitalistes qui se sont développées durant la période de l’occupation américaine, ont disparu. Le type d’exploitation le plus courant est la petite production familiale de subsistance, sur des parcelles dispersées.
Pour ce qui concerne les moyennes et des grandes propriétés le mode de production dominant est le métayage. Les propriétaires confient la terre à un métayer qui la cultive où qui l’utilise pour l’élevage et qui leur donne en retour une partie des biens produits. Quand il ne s’agit pas de métayage, les ouvriers agricoles sont embauchés comme journaliers et ne sont pas des salariés en tant que tel. C’est ce que traduit le pourcentage presque nul (0%) d’employeurs pour le secteur agricole, qui figure au L’enquête a par ailleurs révélé que sur la population active du secteur agricole, 93,2% sont des non salariés. On peut penser que les 3% de salariés par rapport à l’ensemble de la population active tels qu’indiqués au Tableau 1, sont en majorité des journaliers.
Tendances actuelles du mouvement syndical
Après l’hémorragie subie durant la période du coup d’état militaire de 1991, les syndicats ont dû faire face à la politique antisyndicale que commande la réalisation du Programme d’ajustements structurels et les tendances autoritaires du Président Jean Bertrand Aristide. On est arrivé à la survivance de beaucoup d’états majors sans soldats, parfois, on dirait même sans lieutenants.
La Coordination Syndicale Haïtienne
Le renforcement de la société civile haïtienne «en concertation avec l’État, le Patronat et le mouvement syndical».
Les organisations qui la constituent sont les suivantes:
1. Centrale Autonome des Travailleurs Haïtiens (CATH)
2. Confédération Générale des Travailleurs (CGT)
3. Confédération Indépendante des Syndicats Nationaux (CISN)
4. Confédération Nationale des Enseignants (puis des Éducateurs)
Haïtiens (CNEH)
5. Corps National des Évaluateurs (puis des Enseignants) d’Haïti (CONEH)
6. Fédération des Ouvriers Syndiqués (FOS)
7. Fédération Syndicale des Travailleurs et employés de l’EDH (FESTREDH)
8. Groupe d’Initiative des Enseignants de Lycées (GIEL)
9. Konfedrasyion Ouvriye Travayé Ayisyen 44 (KOTA)
10. Mouvman Peyizan Patriyòt (MOPAA)
11. Organisation Générale Indépendante des Travailleurs (OGITH)
12. Rasanbleman Ti Plantè Latibonit (RASPA)
13. Syndicat du Transport Public d’Haïti (STPH)
14. Syndicat National des Travailleurs de la Presse (SNTPH)
15. Syndicats des Postiers d’Haïti (SPH)
16. Union Nationale des Normaliens Haïtiens (UNNOH)
17. Syndicat des Chauffeurs de Carrefour Feuille (SCCF)
Le Secteur Syndical
La dénomination de Secteur syndical» apparaît vers la fin de la période du coup d’État, en 1993, et désigne le regroupement de 4 organisations syndicales: la CATH, la FOS, l’OGITH et la CGT.
Elle renaît pendant l’année 1998 à la faveur de l’initiative des organisations patronales haïtiennes et d’un ensemble de syndicats, en vue de contribuer à une sortie de crise gouvernementale et arriver aux élections de l’année 2000. Les organisations syndicales partie prenante de ces activités sont à ce moment: La CATH, l’OGITH, la CTH, et la KOTA.
Elles ont ainsi contribué à la signature de l’accord du 6 mars entre le gouvernement présidé par M. Préval et une partie de l’opposition en vue de la formation d’un Conseil Électoral provisoire, d’un gouvernement de consensus et de la tenue des élections durant l’année 2000. Le 10 novembre 2000,
LES CARACTERISTIQUES DU SYNDICALISME EN HAITI
Les types de syndicalisme en présence Partant de typologie différenciant les organisations syndicales en syndicats professionnels, syndicats d’entreprise, syndicats sectoriels et syndicats mixtes nous allons tenter d’analyser la structure des organisations haïtiennes en dégageant les impacts des diverses options sur leur fonctionnement.
Le syndicalisme sectoriel
Comme mentionné précédemment, en ce qui concerne les centrales, les seules qui privilégient ce mode d’organisation sont la CTH et la jeune COSYNA. Il existe cependant une différence d’approche entre les deux. Dans le cas de la CTH, c’est la centrale qui crée ses fédérations sectorielles constitutives tandis que pour le COSYNA, c’est un regroupement volontaire d’organisations existantes. Il faut aussi noter qu’au moment de sa constitution, le COSYNA est formé surtout d’entreprises d’état couvrant les secteurs de l’électricité, de la communication téléphonique et de la poste. A part ces deux centrales, il faut considérer les cas de la CNEH et du SPI.
On peut également voir la Confédération Nationale des Éducateurs d’Haïti comme étant une organisation sectorielle dans la mesure où elle regroupe, sous la forme d’associations régionales, des instituteurs, des maîtres du secondaire, des directeurs du secteur public, des inspecteurs ainsi que des professeurs d’université. Le SPI qui en plus des infirmiers et infirmières rassemble les auxiliaires et le petit personnel des cliniques et des hôpitaux est de la même catégorie.
Il convient, enfin, de noter le cas des syndicats de chauffeurs qui ont un statut particulier dans la mesure où il regroupe parfois propriétaires et chauffeurs. En général, ce sont des syndicats indépendants ou qui gardent une grande autonomie même quand ils sont affiliés à une centrale.
PRESENTATION DES ORGANISATIONS SYNDICALES
Dans cette partie, nous présentons sept des huit principales organisations syndicales haïtiennes.
Elles sont pour le moins celles qui ont le plus de notoriété ou qui sont les plus actives sur le terrain. L’UNNOH n’en fait pas partie parce qu’elle n’a pas jugé bon de fournir les informations sollicitées.
Après de nombreuses tentatives de récupération d’un formulaire que nous avions remis à son Secrétaire général, nous sommes obligés de prendre acte du refus de cette organisation de collaborer à la réalisation cette étude. Nous avons choisi de présenter uniquement les branches officiellement reconnues par l’État et les organisations internationales de la CATH et de la CTH.
Nous présentons par ordre alphabétique les 7 organisations suivantes:
1. Centrale Autonome des Travailleurs Haïtiens (CATH)
2. Confédération des Travailleurs Haïtiens (CTH)
3. Confédération Générale des Travailleurs (CGT)
4. Confédération Nationale des Éducateurs d’Haïti (CNEH)
5. Coordination Syndicale Nationale (COSYNA)
6. Fédération des Ouvriers Syndiqués (FOS)
7. Organisation Générale Indépendante des travailleurs Haïtiens (OGITH).
Centrale Autonome des Travailleurs Haïtiens (CATH)
Nombre de fédérations affiliées: 7
Le Collectif Syndical d’Haïti
Collectif Syndical d’Haïti (COSYNA)
Syndicats d’entreprises
Confédération Générale des Travailleurs Haïtiens. Sigle: CGT
Nombre de syndicats affiliés: 1 Organisations paysannes: 14
Confédération des Travailleurs Haitiens
Affiliation internationale: CLAT / CMT, Nombre actuel d’adhérents:
25.000, Nombre de fédérations affiliées: 9 Nombre de fédérations affiliées: 7
FENATAPA (Paysans), FENATEC (Enseignants), FENATRAS (Santé),
FEHCONTRA (Coopératives), FEHATRAP (Artisan)
Le système de sécurité sociale
L’administration des assurances sociales est assurée par deux divisions de l’IDASH: l’Office d’Assurance Accidents du Travail, de Maladie et de Maternité (OFATMA) et l’Office d’Assurance vieillesse (ONA).
En réalité, pour ce qui concerne l’OFATMA, seule l’assurance contre les accidents du travail a été effective jusqu’à présent. La section assurance Maternité a été inaugurée en septembre 1999 mais n’est pas fonctionnelle.
De ce fait, près de 20 ans après la promulgation du CTA, les travailleuses ne reçoivent des patrons que des indemnités pour 6 semaines de congé de maternité en lieu et place des 12 semaines à verser par l’OFATMA.
L’ONA a la fonction d’assurer les travailleurs qui ont atteint l’âge de la retraite ou qui sont frappés d’incapacité physique ou mentale en leur fournissant des allocations liées au montant de leurs cotisations. Aucune indexation de ces indemnités à l’inflation n’est prévue. En cas de décès, la moitié de la pension est réversible aux dépendants. Les fonds de l’ONA servent également à accorder des prêts à la consommation et des prêts hypothécaires aux assurés. Les premiers ne peuvent être supérieurs à la moitié des cotisations déposées et les seconds ne dépassent pas 50.000 gourdes38 avec un délai de remboursement de 100 mois et un taux d’intérêt de 8% l’an.
Liste des besoins ou priorités Essentials d¨Haïti.
Bibliographie : Lafontant Joseph, André
Le Mouvement Syndical Haïtien: De ses origines aux débuts du XXIème siècle. San José, Costa Rica. Bureau International du Travail, 2003
Entrevue :George Fortuné, Président CTH, Haïti.
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