La Globalisation face aux
Travailleurs
Par: José Gómez Cerda
Secrétaire Général Adjunt FELTRA
Coordinator ACMOTI
1.- INTRODUCTION
La FELTRA entend participer au débat général sur la GLOBALISATION avec ses propres critères. L’idée est d’ouvrir un processus de prise de connaissance et d’analyse et interprétation de ce qu’est la « GLOBALISATION ».
Nous ne sommes pas contre tout ce qu’implique la globalisation, car elle est une réalité. En revanche, nous rejetons de nombreuses facettes de ce modèle économique, qui porte atteinte à la dignité de la personne humaine, à la justice sociale et au bien commun.
1.2.CRITÈRES GÉNÉRAUX
Nous voulons mettre un peu d’ordre dans toute l’information sur la globalisation, afin de pouvoir distinguer ce que nous appuyons de ce que nous devons rejeter, et pourquoi.
1.2.1. La « pensée unique ». La globalisation est un processus qui prétend éliminer tout débat idéologique, afin que tout soit centré sur l’économie, le marché, la compétitivité et l’efficience. Ainsi, la globalisation envisage un nouveau système, avec un nouvel agenda à la clé, qui vise à éclipser les problèmes des classes sociales, les différences entre le Nord et le Sud, les tensions entre pays pauvres et pays riches, entre Premier et Tiers monde, ainsi que la dette extérieure et d’autres plaies qui frappent les secteurs les plus pauvres du monde. La globalisation cherche à imposer une « pensée unique », selon laquelle les seuls à pouvoir penser seraient les détenteurs du pouvoir économique.
L’histoire démontre que nous travailleurs, et notamment les syndicalistes, nous avons notre propre vision des problèmes sociaux, politiques, économiques et moraux. Et ce n’est pas en ce moment que nous allons renoncer à notre droit de penser par nous-mêmes. Nous n’allons pas non plus tomber dans le piège de la « pensée unique » parce qu’elle est simplement à la mode et considérée comme « moderne ». Organisation syndicale représentant des travailleurs de tous les continents, la FELTRA s’oppose aux critères de la pensée unique :
1.2.2. Le Congrès de la CMT à Bangkok, Thaïlande, a été clair : « La CMT refuse de s'associer à cette conception [la pensée unique]. Pour elle, l'économie n'est pas le champ d'application d'une science exacte mais le champ de réalisation d'une activité humaine. »
Cette position de la CMT nous encourage à chercher la vérité, à puiser dans nos valeurs pour exposer nos idées et points de vue.
1.3.- « La CMT et ses organisations orienteront en conséquence leur recherche, leur réflexion idéologique et stratégique, et leurs démarches de formation et d'animations de leurs adhérents et cadres, de même que toute leur action syndicale, afin de renforcer la conviction de ce qu’un PROJET ALTERNATIF PEUT ET DOIT être construit, à partir de la réalité quotidienne de la base, des aspirations réelles des masses travailleuses et populaires, leurs droits et leur dignité; un projet utilisant rationnellement les ressources de l’économie et le progrès scientifique et technique sans précédent à la disposition de ces projets de vie alternatifs. » (24e Congrès CMT).
1.3.1.-La FELTRA propose que ce PROJET ALTERNATIF face à la GLOBALISATION s’inspire d’une conception HUMANISTE INTÉGRALE, avec comme piliers fondamentaux : LA PERSONNE HUMAINE, le BIEN COMMUN et la JUSTICE SOCIALE.
Il faut toutefois préciser que l’élaboration d’un projet alternatif à partir du syndicalisme ne peut se limiter à de simples déclarations ou à des principes universels, mais doit se fonder sur des réalisations concrètes, avec pour point de départ les nécessités, les problèmes et les aspirations des travailleurs, en particulier les plus démunis et les plus pauvres.
1.3.2.-La FELTRA estime qu’un point de départ peut être une meilleure distribution de la terre, pour ceux qui travaillent. C’est ainsi que la réforme agraire pourrait être relancée, donnant de plus grandes possibilités de travail au secteur agricole et favorisant la sécurité alimentaire.
Le Congrès de la CMT a revendiqué : « Une distribution des terres et des moyens de production offrant aux populations les plus défavorisées l’accès à de nouvelles possibilités d’emploi ». (24e Congrès CMT)
1.4.-LE RÔLE DU MONDE POLITIQUE
La globalisation prétend limiter le rôle du monde politique, réduire le rôle de l’État.
« L’État fait partie du corps politique, dont la fonction spécifique consiste à maintenir la loi, promouvoir la prospérité commune et l’ordre public et administrer les affaires politiques. L’État est une partie spécialisée des intérêts de l’ensemble. Ce n’est ni un homme ni un groupe d’hommes, mais bien un ensemble d’institutions qui se combinent pour former une machine régulatrice au sommet de la société. » (Jacques Maritain)
Le syndicalisme ne se pose pas en défenseur des partis politiques, ni des gouvernements. L’histoire du syndicalisme, notamment de la Confédération mondiale du travail (CMT) et de ses organisations nationales et professionnelles affiliées, est celle d’une lutte constante pour garder AUTONOMIE et INDÉPENDANCE vis-à-vis des partis et des gouvernements. Il faut toutefois reconnaître que la démocratie dont jouit une grande partie du monde aujourd’hui est d’une certaine manière due au monde politique, mais aussi aux nombreuses erreurs commises.
Certes, dans un passé récent, la Guerre froide a poussé beaucoup de gouvernements puissants à la course aux armements et à la concurrence idéologique, où les partis s’identifiaient à l’un ou l’autre camp. Et le monde se divisa en deux blocs puissants qui se répartirent la planète.
Aujourd’hui, à la géopolitique de la Guerre froide s’est substituée la géoéconomie de la globalisation, pour laquelle la sécurité commerciale est plus importante que la sécurité militaire.
1.4.2.-George Soros, investisseur capitaliste étasunien, un des idéologues de la globalisation, président de l’Open Society Institute, a publié un article intitulé « VERS UNE SOCIÉTÉ MONDIALE OUVERTE », où il affirme que « Les marchés réduisent tout, y compris les êtres humains (main-d’œuvre) et la nature (la terre), à de simples marchandises ».
Et Soros de poursuivre : « Nous avons une économie de marché, mais nous ne pouvons accepter une société de marché. En plus des marchés, la société nécessite des institutions servant des fins sociales, comme la liberté politique et la justice sociale. Ces institutions existent concrètement dans les pays, mais pas dans la société mondiale. L’État ne joue plus le rôle qu’il avait jadis et, dans de nombreux domaines, ceci est une bénédiction. Toutefois, certaines des fonctions de l’État ne sont plus couvertes. Nous ne disposons pas d’institutions internationales adéquates pour les libertés individuelles, les droits humains et l’environnement, ou pour la promotion de la justice sociale. » (George Soros)
1.4.3. Nous connaissons maintenant un seul « ordre libéral global » qui prétend imposer son modèle au monde entier et intégrer tous les secteurs, sous la direction des lois du marché.
1.5. « Réaffirmer l’autonomie et l’indépendance du syndicalisme » (24e Congrès CMT)
Le syndicalisme humaniste a toujours défendu l’autonomie et l’indépendance des organisations syndicales vis-à-vis des employeurs, des partis politiques et des gouvernements.
Une telle position a un prix, car les détenteurs du pouvoir sont précisément les employeurs, les partis politiques et les gouvernements. Le syndicalisme autonome et indépendant doit donc confronter ses positions à celles de ces pouvoirs.
D’un autre côté, l’autonomie permet que les travailleurs eux-mêmes élaborent leurs propres plans de travail, leur politique et stratégie syndicales. Elle leur permet d’élire leurs dirigeants, sans ingérence ni tutelle d’autres secteurs. C’est là le rôle de protagonistes des travailleurs.
Or, sur le terrain syndical aussi on tente d’imposer une globalisation. La FELTRA a d’ailleurs réitéré son opposition à la politique de certaines fédérations professionnelles européennes d’imposer une affiliation syndicale mondiale depuis l’Europe. Ceci est inacceptable et viole les principes de liberté syndicale.
1.6. « PARTICIPER aux actions politiques où l’ÊTRE HUMAIN serait l’axe central du fonctionnement de la société » (24e Congrès CMT)
La globalisation défend une conception de l’ÊTRE HUMAIN différente de la nôtre, car elle réduit les hommes et les femmes à leur capacité à générer des bénéfices économiques, exalte l’individualisme et considère que la PERSONNE HUMAINE n’est qu’un instrument producteur et consommateur.
Pour le syndicalisme, la PERSONNE HUMAINE possède des valeurs matérielles et SPIRITUELLES. Ce n’est pas une marchandise que l’on vend ou achète, mais l’axe central de la société.
C’est pourquoi la FELTRA et ses organisations membres doivent participer à toutes les actions politiques et culturelles où l’HOMME, la PERSONNE HUMAINE serait le centre, primant sur l’argent, le marché ou le capital.
1.7. « EXERCER DES PRESSIONS sur les instances internationales pour la formation d’une conscience citoyenne » (24e Congrès CMT)
Tout d’abord, il nous faut déterminer quelles sont, AUJOURD’HUI, en 2003, les instances internationales les plus importantes, où la politique mondiale est élaborée. Il existe deux groupes gouvernementaux qui possèdent le « pouvoir de décision », à savoir :
- Le Groupe des Huit (G8), rassemblant les huit pays les plus puissants du monde : les États-Unis, le Japon, l’Allemagne, la Grande Bretagne, la France, le Canada, l’Italie et, plus récemment, la Russie, ainsi que l’Organisation pour la coopération et le développement économique (OCDE), qui regroupe les pays industrialisés.
- Des institutions financières : le Fonds monétaire international (FMI), la Banque mondiale (BM) et l’Organisations mondiale du commerce (OMC).
Telles sont les instances où sont désormais décidées les politiques économiques, financières et culturelles. Les organismes des Nations Unies ne font qu’appliquer ces « politiques » dans leurs champs d’action respectifs.
Pour exercer des pressions sur ces instances, la FELTRA, de même que la CMT, n’a pas l’influence force nécessaire. Toutefois, grâce à une unité d’action avec d’autres forces syndicales et sociales, il est possible d’influer sur ces instances, pour qu’elles incluent la conscience citoyenne dans la formation. Les organisations syndicales doivent prendre l’initiative d’élaborer leur propre politique de conscience citoyenne, puis la diffuser et la défendre auprès des instances nationales, régionales et mondiales.
1.8. « EXIGER des responsables politiques des mesures accordant la priorité à l’ÊTRE HUMAIN sur les intérêts de l’argent » (24e Congrès CMT)
La FELTRA s’est engagée envers les principes et les valeurs qui accordent la primauté à l’être humain, c’est-à-dire à LA PERSONNE HUMAINE.
1.8.1. « Les organisations internationales ont le mandat urgent de contribuer à promouvoir le sens de la responsabilité envers le BIEN COMMUN, afin de créer une société plus équitable et une paix plus stable dans ce monde en route vers la GLOBALISATION.
Pour ce faire, il importe de ne jamais perdre de vue LA PERSONNE HUMAINE, qui doit être au centre de tout projet social.
Ce n’est que de cette manière que les Nations Unies deviendront une véritable « famille de nations ». Le défi posé ici est d’assurer une GLOBALISATION dans la solidarité, une GLOBALISATION qui ne laisse personne en marge...»
Il est inacceptable qu’un pays comme les États-Unis impose ses propres visions militaires et économiques en passant outre les Nations Unies, comme ce fut le cas avec la guerre contre l’Irak.
1.9. RÔLE DU SYNDICALISME
« Un plus grand mouvement démocratique de travailleurs, incluant ceux du secteur rural et agricole, du secteur informel, et plus particulièrement les femmes, les enfants, les paysans, les travailleurs et travailleuses des coopératives et de l’économie sociale solidaire, les jeunes travailleurs, les femmes travailleuses, les petits et moyens propriétaires, les retraités et pensionnés, les chômeurs, les handicapés, les émigrants, … » (24e Congrès CMT)
La FELTRA est le produit de fusions de différents secteurs de l’agriculture, l’alimentation, le tabac, la pêche, l’hôtellerie, la restauration, les casinos et le tourisme en général.
1.9.1. Au sein de la FELTRA, le secteur rural et agricole joue un rôle de premier plan. Ainsi, la principale force de la FELTRA, le secteur où elle dispose du plus grand nombre de membres est le secteur agricole et rural. « Les organisations de travailleurs ruraux militant à la CMT via la FELTRA doivent devenir les porte-étendards les plus actifs et tenaces, de sorte à encourager de des processus nouveaux, plus efficaces, de réforme agraire, suffisamment constructifs pour augmenter l’emploi, relancer l’agriculture, l’agro-industrie, et améliorer les conditions de vie et de travail, de logement, d’éducation, de sécurité sociale et de santé; pour aller vers la sécurité alimentaire et réactiver les marchés internes des pays en développement; pour consolider les processus de démocratie politique, sociale et économique. » Emilio Máspero, prologue de l’ouvrage SINDICALISMO, AGRICULTURA Y ALIMENTACION, publié par la FELTRA.
1.9 .2. Le secteur informel s’est développé essentiellement dans les milieux ruraux. C’est pourquoi la FELTRA dispose d’un grand nombre de travailleurs du secteur informel, notamment dans les zones rurales.
1.9.3. Femmes et enfants au travail. Dans l’hôtellerie, la restauration, les casinos et le tourisme en général, plus de la moitié de la main-d’œuvre est composée de femmes et près de 5% des travailleurs sont mineurs d’âge. Et dans le monde du travail rural, les femmes représentent également un pourcentage important.
La lutte pour la défense des droits et libertés des femmes et des enfants au travail est une des actions principales de la FELTRA, qui comprend aussi la lutte contre le tourisme sexuel.
1.9.4. Les paysans, les jeunes et les femmes travailleuses sont des secteurs de base, privilégiés par la politique de la FELTRA.
1.9.5. La FELTRA organise aussi les petits et moyens propriétaires et producteurs. Dans le secteur agricole, une grande proportion de nos organisations membres représente ces secteurs, y compris les petites entreprises de production.
1.9.6. Retraités et pensionnés : jusqu’à présent, la FELTRA n’a pas pénétré ces secteurs, bien que certaines organisations possèdent des services spécifiques pour ces travailleurs qui ont passé l’étape productive. Pour eux, nous revendiquons des pensions et retraites suffisantes leur permettant de vivre dignement.
1.9.7 Chômeurs et handicapés : ce sont des secteurs pour lesquels la FELTRA n’a pas encore pu développer une politique efficace de défense.
1.9.8. Émigrants : les travailleurs émigrants ont un rôle très important au sein de la FELTRA, car dans l’agriculture comme dans le tourisme en général, ils représentent des groupes nombreux, qui participent souvent de manière très active à la vie syndicale. Par ailleurs, nombre d’organisations de la FELTRA mettent en œuvre des politiques locales pour défendre les droits et libertés des travailleurs émigrants et sans papier.
1.9.10. On le voit, la FELTRA n’est pas seulement une organisation syndicale, mais travaille avec tout le MOUVEMENT ORGANISÉ DE TRAVAILLEURS et ses diverses expressions. Cela confère à la FELTRA un caractère GLOBAL, lui donnant une vision large du syndicalisme et du mouvement organisé des travailleurs.
1.10. « Le syndicalisme doit œuvrer main dans la main avec certaines organisations non gouvernementales (ONG) défendant les intérêts et les droits des travailleurs et des syndicats. Tout ce travail est la fondation pour l’édification d’un MOUVEMENT SOCIAL ET SYNDICAL rassemblant des organisations susceptibles de promouvoir des actions ALTERNATIVES À LA GLOBALISATION, fondées sur les valeurs suprêmes de la solidarité et de l’humanisme. » (24e Congrès CMT)
1.10.1.La globalisation est un phénomène qui définit ses priorités. Dans le cadre de la globalisation, les transactions commerciales se caractérisent par 5 niveaux de mobilité :
- HAUTE MOBILITÉ : l’information, les capitaux d’investissements et la technologie.
- BONNE MOBILITÉ : biens et capital humain, depuis les pays pauvres.
- SEMI-MOBILITÉ : investissements dans des unités de production, capital de gestion, principes de réglementation et direction des entreprises.
- QUASI-IMMOBILITÉ : capital humain de niveau intermédiaire, principes régulateurs et modèles organisationnels de base.
- IMMOBILITÉ : infrastructure, principes profonds et considérations de souveraineté.
Ces principes sont contraires à nos conceptions syndicales, qui proposent d’autres valeurs. Pour nous, une organisation de HAUTE MOBILITÉ est une organisation disposant d’un bon CAPITAL HUMAIN, c’est-à-dire de bonnes RESSOURCES HUMAINES.
Pour le syndicalisme, l’information, le capital et la technologie sont de simples instruments matériels qui ne peuvent en aucun cas avoir la primauté sur la PERSONNE HUMAINE. Or, la globalisation situe les principes et la souveraineté en dernier lieur, les qualifiant d’immobiles. Pour le syndicalisme, en revanche, les principes et la souveraineté des pays sont des valeurs que nous devons défendre.
1.10.11. C’est pourquoi il importe de créer une ALTERNATIVE capable de distinguer clairement les intérêts des travailleurs des intérêts de la globalisation. Un des premiers pas doit consister à « DISTINGUER POUR UNIR ». Autrement dit, il faut déterminer quels sont les intérêts de certaines organisations non gouvernementales (ONG), association sociales et autres groupes, quels sont nos points communs face à la globalisation, dans le but d’en arriver à une unité d’action et de travailler ensemble sur les alternatives possibles.
1.11. UN SYNDICALISME DE VALEURS
« Il s’agit de réaffirmer le caractère HUMANISTE ET SPIRITUALISTE DU SYNDICALISME. L’existence de l’être humain comme sa destinée ne peuvent se limiter à son bien être matériel individuel. Il s’agit de promouvoir les plus pauvres et les plus démunis. » (24e Congrès CMT)
1.11.1. Si la FELTRA possède une caractéristique propre au sein du syndicalisme international, c’est qu’elle travaille précisément à la promotion « des plus pauvres et des plus démunis », à savoir les travailleurs de la campagne, du secteur agricole, du secteur informel, les femmes et les jeunes au travail qui sont affiliés à la FELTRA.
Si l’on examine les organisations membres de la FMTAA, on constate justement que nous travaillons dans les pays les plus pauvres, dans les secteurs les plus déshérités.
1.12. GLOBALISATION DU SYNDICLAISME
« Pour faire face à la GLOBALISATION ÉCONOMIQUE, il faut GLOBALISER LE SYNDICALISME. » ( 24e Congrès CMT).
1.12.1. Pour le syndicalisme, faire face au pouvoir de la globalisation, c’est devenir un pouvoir social ayant le syndicalisme comme axe central, où participeraient d’autres secteurs et acteurs sociaux, telles que les ONG, les associations qui défendent les droits humains, la société civile ou d’autres groupes sociaux.
Mais le véritable point de départ reste le renforcement du syndicalisme. Historiquement, le syndicalisme s’est développé dans les pays industrialisés. Or, aujourd’hui, il importe de renouveler cette tendance et tenter d’organiser le plus grand nombre possible de travailleurs, partout et à tous les niveaux, qu’ils soient salariés ou non, de la campagne ou de la ville, du secteur public ou du privé, des industries ou des professions libérales, du secteur informel, des coopératives et d’autres expressions des travailleurs.
L’attitude des organisations syndicales et leurs dirigeants doit aussi être examinées, pour disposer d’organisations efficaces, avec des dirigeants capables, au fait de la réalité du monde changeant d’aujourd’hui et des ajustements que le syndicalisme exige.
Face à un système tel que la globalisation, le syndicalisme doit défendre les principes qui lui ont donné naissance, à savoir : la défense des intérêts et des droits des travailleurs. Il importe aussi de présenter clairement les maux de la globalisation, de les contester avec des arguments solides, réels, démontrables, pointus. Ce n’est que de cette manière que nous pourrons représenter et défendre les aspirations et intérêts des travailleurs. Créer un pouvoir social est une tâche qui incombe à des organisations nombreuses, des dirigeants de qualité, avec des principes et valeurs humanistes, durables et réalistes.
1. 13. L’ACTION PROFESSIONNELLE
« Les efforts doivent donc être poursuivis en vue d'ancrer solidement ce qui a pu être réalisé et de développer des réseaux professionnels capables de participer de manière significative aux rapports de force tels qu'ils se structurent aujourd'hui dans le système économique GLOBALISÉ DE MARCHÉ. » (24e Congrès CMT)
1.13.1. Fédération professionnelle, la FELTRA réunit d’importants secteurs : l’agriculture, l’alimentation, la pêche, la sylviculture, l’hôtellerie et la restauration, les casinos et le tourisme; des secteurs qui ont une importance vitale pour le développement actuel, notamment dans les pays du Tiers-monde.
Nous nous sentons identifiés avec la Confédération mondiale du travail (CMT), ses fédérations professionnelles et des organisations diverses qui sont d’importantes parties prenantes des secteurs que nous représentons; il s’agit de créer des mécanismes efficaces pour contrer les aspects négatifs de la globalisation et participer à des réseaux d’information et de communication afin d’être au courant de tout ce processus, pour la défense des intérêts des travailleurs et de leurs organisations. Une contestation syndicale à la GLOBALISATION sera plus efficace si elle répond à des demandes concrètes, à des problèmes des travailleurs dans les entreprises et dans les secteurs professionnels. La FELTRA a en ce sens adopté le nouveau programme de l’Action professionnelle de la Confédération mondiale du travail (CMT).
José Gómez Cerda,