LES ORGANISMES GÉNÉTIQUEMENT
MODIFIÉS (O.G.M .) ET LE SECTEUR
AGRICOLE
Par: José Gómez Cerda
Secrétaire Général FEMTAA
Coordinator ACMOTI
La
manipulation des végétaux permet de produire des bananes au goût de tomate,
de cultiver des produits tropicaux dans des climats froids, mais aussi de mélanger
la production humaine dans des plantes ou des animaux et vice-versa.
Toutes
les plantes qui se reproduisent par le pollen, comme le colza, et d’autres,
tels que le maïs et le soja, peuvent, avec les OGM, résister aux herbicides,
mieux se défendre contre les insectes, être cultivés plus aisément et offrir
de meilleurs rendements.
Depuis
plus de 10 ans, les experts en biologie moléculaire effectuent des tests en
laboratoires, mais ils ne sont pas encore parvenus à déterminer le
comportement des OGM dans l’environnement naturel.
Les
multinationales se sont appropriés ces progrès de la science pour leur propre
bénéfice économique. En outre, elles provoquent la délocalisation de
l’agriculture du Tiers-Monde vers les pays industrialisés. Nous assistons
ainsi à la plus grande révolution agricole de ces derniers siècles.
Aux
États-Unis, 12 millions d’hectares d’agriculture transgéniques ont été
plantés rien qu’en 1997, dix fois plus qu’en 1995.
ASPECTS
POSITIFS
Les
OGM présentent plusieurs avantages, dont :
-
Les
produits agricoles traditionnels qui ne peuvent résister aux insectes, aux
parasites, aux maladies en général vont être remplacés par des OGM, plus
efficaces contre ces calamités naturelles.
-
Le
maïs, la banane et d’autres fruits vont pouvoir contenir des vaccins
suffisamment puissants contre les maladies.
-
Avec
des prix contrôlés et des risques modifiés, les aliments produits avec des
OGM pourront relever le défi actuel de l’insécurité alimentaire.
-
La
production agricole aux OGM pourra offrir de nouvelles variétés de produits
alimentaires, aux saveurs différentes.
Une
manipulation génétique est un procédé par lequel on peut modifier les
graines, transformer les produits, inventer toutes les variétés possibles et
imaginables et faire en sorte que les plantes résistent aux pesticides, tout en
diminuant l’usage de ceux-ci.
Divers
produits agricoles, tel que le cacao, ne pouvaient jusqu’ici être cultivés
que dans le couloir de 10 degrés au nord et au sud de l’équateur, où le
climat et le sol naturel est adéquat à leur culture. Mais avec les OGM, tous
les produits pourront être cultivés n’importe où dans le monde.
L’histoire
de l’agriculture nous enseigne que les maladies des plantes, les parasites,
les insectes et les mauvaises herbes sont devenus plus puissants avec le développement
de la monoculture. Les cultures intensives et manipulées génétiquement
perdent rapidement leur diversité génétique.
Les
cultures transgéniques peuvent produire des toxines environnementales qui
passent dans la chaîne alimentaire et peuvent aussi bien finir dans le sol ou
l’eau, et atteindre ainsi les invertébrés et probablement les processus écologiques
tel que le cycle des nutriments.
On
ne peut se fier à ce que les nouvelles technologies vont créer des emplois.
C’est fondamentalement l’agriculture qui va être touchée, partout, et
l’avenir des pauvres qui est en jeu.
Le
monde est sur le point de connaître une révolution. La science est désormais
aux mains de géants agricoles, prêts à changer, en cinq ans à peine, une
poignée de produits sur le marché actuel en un menu complet.
La biotechnologie est en train de révolutionner la chaîne alimentaire.
LES
OGM ET LES ANIMAUX : MANIPULATIONS D’ANIMAUX:
Les
Américains ont envahi le monde avec le lait de leur vaches aux hormones, qui
permettent un accroissement de 25% de la production, mais entraîne aussi la
ruine de 30% des producteurs agricoles.
Les
vaches aux hormones produisent des bactéries qui sont ensuite ingérées par
les êtres humains. Le Comité conjoint de la FAO et de l’OMS a signalé que
le lait de vache traitée à l’hormone somotropine bovine, plus connue sous
l’appellation BST, qui sert à augmenter la production de lait, n’était pas
dangereux pour la santé humaine.
Or,
l’affaire de la vache folle n’est que la conséquence des aliments consommés
par les animaux, transférés ensuite à l’organisme humain. Il faut aussi
savoir que nous consommons le lait et ses dérivés, ainsi que la viande bovine.
En
Grande Bretagne, 170 000 vaches folles ont été recensées ; 251 en
Irlande, 78 au Portugal, 33 en France et 6 en Allemagne.
Et
ce, malgré toutes les mesures d’hygiène décrétées par l’Union européenne.
COMMENT
LES OGM INFLUENCENT L’ENVIRONNEMENT
En
ce qui concerne les OGM, il a été démontré qu’ils dégradent
l’environnement et on suppose donc qu’ils ont des effets sur la consommation
humaine.
Les
effets négatifs sur l’environnement sont :
Les
mauvaises herbes :
la dissémination du pollen dans les mauvaises herbes rend celles-ci plus résistantes
aux herbicides et aux insectes, et donc plus résistantes aux traitements.
Les
abeilles :
elles consomment le pollen transgénique et réduisent de ce fait leur vie à un
tiers. Le 14 mars 1998, la Fédération des sociétés suisses d’apiculture (FSSA)
a dénoncé les conséquences du génie génétique qui change l’équilibre
naturel et a des effets néfastes sur les abeilles par la pollinisation des
plantes par les OGM.
Les
semis :
là où des plantes transgéniques ont été cultivées, aucune autre culture
n’est possible.
Les
poissons :
les poissons transgéniques sont plus PRÉDATEURS que les autres et pour
s’alimenter, ils éliminent d’autres espèces que leurs proies naturelles.
Les
animaux :
tous les animaux génétiquement modifiés transforment l’environnement dans
lequel ils se développent, ce qui peut avoir des conséquences imprévisibles
sur la nature.
L’écosystème :
on ne peut dire avec certitude comment les OGM vont changer l’écosystème.
Toutefois, nous connaissons bien les effets du phénomène « EL NIÑO »
qui transforme considérablement le système naturel, avec de graves conséquences
sur la vie des gens et sur la nature. L’origine du phénomène a été peu étudié,
alors qu’il a changé la climatologie et causé de graves dommages à des
milliers de gens, à l’écosystème et à la production agricole.
30% DES ABEILLES QUI CONSOMMENT DU POLLEN DE PLANTES OGM MEURENT DANS LES JOURS QUI SUIVENT.
QUELLES
ORGANISATIONS DÉFENDENT LES CONSOMMATEURS ?
Diverses
organisations syndicales, groupes sociaux, organisations non gouvernementales,
associations de consommateurs, institutions religieuses et groupes défenseurs
de l’environnement ont déjà dit leur opposition et réalisé des
manifestations publiques contre les produits alimentaires contenant des
organismes génétiquement modifiés.
Le
syndicalisme humaniste a le devoir et la responsabilité d’orienter ses
membres, tant les producteurs que les consommateurs, sur la réalité des OGM.
La Fédération mondiale de travailleurs de l’agriculture, l’alimentation,
l’hôtellerie et connexes (FEMTAA), affiliée à la Confédération mondiale
du travail, est engagée dans la défense des consommateurs, à tous les
niveaux, notamment face aux produits alimentaires contenant des OGM.
CONCLUSIONS
Les
oiseaux et animaux courent un grave danger d’extinction à cause de la
disparition d’insectes résultant de l’application à fortes doses de
pesticides dans les cultures de plantes génétiquement modifiées.
La
faune naturelle peut également subir un déséquilibre biologique grave en
raison du manque d’insectes et des végétaux qui composent son régime
alimentaire normal.
Les
produits transgéniques ont été conçus pour résister, entre autres, aux
puissants pesticides, si bien qu’une pollinisation croisée entre une telle
plante et une plante naturelle obligerait les agriculteurs à pulvériser leurs
champs toujours davantage.
Le
parcours normal du pollen, depuis l’étamine d’une fleur jusqu’au pistil où
il va germer, est un des problèmes les plus préoccupants.
Si
le vent , moyen de transport essentiel du pollen, emporte des grains de pollen
d’une culture transgénique vers une culture traditionnelle, le résultat
pourrait modifier le patrimoine génétique de cette dernière.
Dans
certains cas, démontrés dans des serres, le résultat donne une plante stérile
ou franchement affaiblie ; un hybride pouvant difficilement survivre. Et la
conséquence directe serait double.
L’agriculteur, préférant s’en tenir aux cultures traditionnelles ou organiques (c’est-à-dire sans pesticides), finira par être obligé d’utiliser les substances chimiques pour sauver sa récolte. À leur tour, les animaux devront trouver de nouveaux aliments ou périront.
OGM :
LES CONDITIONS DE VIE ET DE TRAVAIL
Le
secteur agricole est celui où se produisent le plus d’accidents de travail et
où les salaires sont les plus bas. Le secteur est dépourvu de protection et de
sécurité sociales. En outre, c’est dans ce secteur également que les
dirigeants syndicaux sont les plus réprimés et assassinés.
Il
est fréquent de voir travailler des enfants et des femmes dans le secteur
agroalimentaire, dans des conditions lamentables, car la plupart des codes du
travail dans le Tiers-Monde, régissent uniquement
les conditions de travail dans le secteur urbain. En outre, il y a un manque
d’inspecteurs du travail pour superviser les conditions dans le secteur
agricole.
Les
sociétés multinationales cherchent des producteurs agricoles leur servant
d’intermédiaires, pour ainsi garantir l’approvisionnement en matières
premières. Mais si des problèmes, quels qu’ils soient, surgissent sur le
marché international (comme lorsque l’Union européenne a limité les
importations de bananes), les multinationales rompent les contrats avec les
petits producteurs du Sud. Ce sont donc eux qui souffrent les conséquences des
problèmes sur le marché international. C’est d’ailleurs ainsi que des
milliers d’emplois ont été perdus dans les bananeraies. Les petits
producteurs furent les principales victimes, sans que personne ne prennent leur
défense auprès des instances internationales, contrairement aux
multinationales.
Nombre
de produits agro-industriels sont le fait de petits producteurs agricoles, dépourvus
de crédits bancaires, de technologie et de connaissances commerciales. Ils sont
dès lors soumis aux conditions imposées par les sociétés multinationales.
Si
les petits propriétaires des pays du Sud sont souvent organisés en syndicats,
en coopératives ou en associations économiques, ils manquent généralement de
la protection gouvernementale ou privée. Parfois même, ils sont totalement
sans défense face aux sociétés multinationales et aux organismes financiers
internationaux.
Les
États-Unis ont pratiquement éliminé leurs importations de canne à sucre. En
remplacement, ils produisent du sucre à base de sirop de maïs produit avec des
OGM. Le négoce est très rentable, mais a fait plonger beaucoup d’économies
de pays pauvres. Le même phénomène risque de se reproduire car l’Europe a décidé
d’abandonner le cacao comme matière première du chocolat et de le remplacer
par la graisse végétale.
Il
est grand temps de reconnaître d’importance du travailleur agricole, non pas
comme une marchandise, mais comme un sujet de l’économie. Il est temps de
reconnaître aussi que les organisations naturelles du travailleur agricole sont
les syndicats, les coopératives et les associations, pour que ces organisations
participent réellement au commerce agroalimentaire.
La
situation est de plus en plus défavorable, mais il existe des mécanismes
pouvant aider à corriger les inégalités existantes sur le marché
international agroalimentaire.
Parmi
les risques pour les pays pauvres, il est bon de citer ce qui suit.
-
Certains
produits ne peuvent être cultivés que dans des zones tropicales, tels que la
banane, la canne à sucre, la vanille, la noix de coco, le café, le thé et le
cacao. Or, il se pourrait qu’on puisse désormais les cultiver partout dans le
monde, ce qui éliminerait les richesses naturelles et revenus d’exportations
de nombreux pays pauvres du Tiers-Monde. Ceux-ci, en tant que producteurs
agricoles, seront obligés de devenir consommateurs de produits chers, ce qui
augmentera la pauvreté et la misère de leur population.
-
Les
différences génétiques des plantes ne peuvent être constatées qu’au
microscope, afin d’identifier les chaînes d’ADN. Le risque est donc grand
de commettre des erreurs expérimentales.
-
La
plupart des gens seront forcées de consommer des aliments contenant des OGM,
sans connaître l’origine des produits, sans une orientation suffisante sur ce
qu’ils consomment, et avec le risque de contracter des maladies imprévisibles.
-
Depuis
plusieurs années, les Américains produisent du maïs OGM. Le sirop de maïs
sert à sucrer les boissons, rafraîchissantes et autres, ainsi que d’autres
produits sucrés. Mais le sirop de maïs a en cela remplacé la canne à sucre,
si bien que ce secteur dans les pays pauvres est maintenant en ruines et de
milliers de travailleurs se sont retrouvés sans emploi.
-
Les
pays industrialisés vont disposer du monopole de la production agricole.
-
Le
Japon et l’Allemagne peuvent désormais produire de la vanille à partir de
l’essence du pin, ce qui ne manquera pas de jeter à la rue plus de 50 mille
travailleurs de Madagascar qui vivent actuellement de ce secteur.
-
Avec
l’utilisation de cacao OGM ou de graisse végétale en substitution au cacao
naturel dans la fabrication du chocolat, plus de 10 millions de travailleurs
agricoles de l’Afrique occidentale risquent de perdre leur poste de travail.
-
La
Grande Bretagne produit de la quinine aux OGM, ce qui frappe directement des
milliers de travailleurs en Indonésie.