ACTION DU MOUVEMENT DES TRAVAILLEURS DANS INTERNET (ACMOTI)
L'ECHEC DU SOMMET DE L'OMC
Par: José Gómez Cerda
Secrétaire Général FEMTAA
Coordinator ACMOTI
La Fédération
Mondiale des Travailleurs de l'Agriculture, de l'Alimentation, de l'Hôtellerie
et des secteurs connexes (FEMTAA) considère que l'échec du sommet de
l'Organisation Mondiale du Commerce (OMC) démontre que les organismes
internationaux ne doivent pas servir de cadre exclusif aux pays riches et que
les règles du jeu doivent être inclues dans tous les pays, aussi bien riches
que pauvres.
L'Uruguay
Round, qui a précédé l'OMC, a été à l'origine d'une lutte entre les
Etats-Unis et l'Europe dans laquelle les pays du tiers monde ont été exclus
des négociations, restant comme les statues du commandeur lors des réunions.
Les
Etats-Unis, considérés aujourd'hui comme les gendarmes du monde, et qui prétendent
imposer leurs critères dans tous les organismes internationaux, doivent
reconsidérer leur position extérieure et faire participer les pays pauvres.
Dans le même temps, l'Europe doit examiner ses positions et ne pas être
seulement un concurrent, mais rechercher des solutions aux réclamations qui lui
sont présentées par le reste du monde.
La
Conférence:
Les
manifestations d'ONG, de syndicalistes, de religieux et, en particulier, du
secteur agricole, ont mis en évidence l'existence d'autres voix, de positions
et de critères différents de ceux qui considèrent que la globalisation n'est
qu'un commerce et que le marché est la seule chose qui existe. Les
protestations, les actions de désapprobation et les manifestations populaires
ont rappelé que, malgré l'OMC, il existe des secteurs privés organisés.
Préalablement
à la Conférence de Seattle, la Confédération mondiale du travail (CMT) a
affirmé ce qui suit:
"L'OMC
fonctionne dans de nombreux aspects (procédure pour la résolution de conflits,
débats, etc.) de manière isolée. C'est pourquoi la transparence et la démocratie
font grandement défaut.
Cette
situation ne peut perdurer. Par conséquent, la CMT prie l'OMC d'établir un
dialogue approfondi avec la société civile et, tout d'abord, avec les
organisations syndicales. Il va sans dire que cette évolution donnerait lieu à
une plus grande transparence."
La
Représentation :
L'OMC
ne doit pas oublier que 75% de ses membres sont des pays pauvres qui
recherchent, dans le cadre de leurs relations internationales, des solutions à
leurs graves problèmes et qu'elle ne doit pas être au service d'une douzaine
de pays pour imposer ses règles au monde entier.
L'agriculture :
Le
thème principal de la Conférence était l'agriculture (et le sera au cours des
prochaines réunions mondiales).
Le
point le plus épineux est le système de subventions ou d'aides octroyées par
l'Union européenne et les Etats-Unis au secteur de l'agriculture. Celui-ci bénéfice
d'avantages en offrant des produits de bonne qualité, de bonne présentation et
à bon prix, en concurrence sur le marché mondial, face aux pays pauvres qui ne
reçoivent pas ces aides.
La
position des Etats-Unis face à l'Europe vise à contrôler le marché agricole.
Personne
n'est convaincu lorsque l'Europe se défend en affirmant que l'agriculture est
plus qu'un secteur commercial et qu'il s'étend à la culture et aux coutumes
sociales.
La
FEMTAA est d'avis que les règles du commerce doivent être transparentes.
On
ne peut adopter une politique de subventions et, d'autre part, demander aux pays
pauvres qu'ils se détachent des gouvernements, ouvrent leurs douanes et
laissent le "marché" être l'arbitre des relations commerciales.
L'agriculture offre des aliments au monde et doit être prise en considération,
tout comme ceux qui produisent ces aliments.
Nous
considérons que les travailleurs agricoles européens salariés et les petits
propriétaires doivent conserver les mêmes aides. Toutefois, il convient de
revoir toutes les aides millionnaires octroyées aux grands propriétaires, en
limitant les subventions.
La
FEMTAA considère qu'il est important de maintenir des accords spécifiques,
tels que la Convention de Lomé, qui offrent des possibilités pour le développement
de l'agriculture dans les pays les plus pauvres.
Les
OGM ;
Les
manifestants contre l'OMC, à Seattle, et les représentants des pays pauvres
s'opposent catégoriquement à l'utilisation des organismes génétiquement
manipulés (OGM) comme instruments par les entreprises multinationales et les
pays riches en vue d'envahir le marché agricole et de devenir plus puissants et
plus riches.
Bien
qu'ils aient plaidé pour l'interdiction de la viande aux hormones provenant des
Etats-Unis, les membres de l'Union européenne ont hésité lors des négociations
sur les OGM avec l'OMC.
Les
droits en matière de travail :
La
proposition du Président Bill Clinton de sanctionner les pays qui ne respectent
pas les normes du travail est le comble du cynisme. En effet, les Etats-Unis
sont justement un des quelques pays qui refusent de reconnaître les Conventions
de l'Organisation internationale du travail (OIT).
Nous
savons tous que les Etats-Unis prétendent appliquer des sanctions aux pays
pauvres en alléguant des violations aux droits du travail et que l'organisation
syndicale nord-américaine AFL-CIO prétend éliminer toutes les zones franches
car elle considère que le travail qui y est fourni échappe à ce pays riche
pour parvenir aux pays pauvres. L'intérêt individuel d'un pays prédomine dans
les deux cas.
"La
CMT rejette tout système colonial ou néo-colonial, toute forme d'impérialisme
ou d'exploitation d'un peuple par un autre peuple, d'un groupe ou d'une classe
par une autre.
La
solidarité et la justice doivent constituer la base des rapports entre les
groupes sociaux et entre les peuples de sorte que les nations, tendant à être
sans cesse plus prospères, plus justes et plus humaines, forment ensemble une
seule communauté où tous les peuples comme tous les hommes recevront une part
équitable et de plus en plus égale de la prospérité commune". (Déclaration
de principes de la CMT)
La
FEMTAA considère que le 2è sommet des pays ACP, tenu quelques jours
avant la Conférence de l'OMC, s'est avéré opportun puisqu'il a permis à de
nombreux pays d'adopter une même position.
Nous
demandons à toutes les organisations du secteur de l'agriculture et de
l'alimentation d'être attentives aux nouvelles réunions de l'OMC pour éviter
d'être surprises. L'échec de la réunion à Seattle doit offrir de nouvelles
possibilités afin que les pays pauvres soient pris en considération.
Fédération
Mondiale des Travailleurs de l'Agriculture, de l'Alimentation, de l'Hôtellerie
et des secteurs connexes (FEMTAA)
José
Gómez Cerda
Coordinator de ACMOTI