L’INSÉCURITÉ ALIMENTAIRE
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Par: José Gómez Cerda
Secrétaire Général FEMTAA
Coordinator ACMOTI
L’INSÉCURITÉ ALIMENTAIRE L’insécurité alimentaire est une des principales causes de la souffrance humaine. Elle entraîne des pertes de productivité et de faibles rendements du travail ; elle réduit la capacité d’acquérir des connaissances et limite les résultats scolaires des jeunes. Les personnes qui souffrent de la faim à cause de leur pauvreté sont des êtres humains, dotés de qualités non explorées, d’un talent qui n’est pas mis à profit, et qui vivent souvent isolés des progrès de l’humanité. Plus d’un milliard de personnes vivent actuellement dans la pauvreté et dans l’insécurité alimentaire. La moitié d’entre elles ont faim et souvent souffrent d’une " faim chronique ". 15 enfants meurent toutes les minutes en raison d’un manque d’aliments, d’eau propre ou d’assistance médicale élémentaire. La demande alimentaire est supérieure à l’offre, notamment dans les pays en développement, où les problèmes de malnutrition sont aigus. Ces deux dernières années, en Afrique, la demande de tubercules et de racines a augmenté de 36 millions de tonnes, mais la production ne s’est accrue que de 21 millions de tonnes. Ce déficit de 15 millions de tonnes d’aliments de base doit être résorbé par des importations de céréales (vendues par les multinationales), à des prix élevés, ce qui a engendré une nouvelle crise économique. RETOUR
FACTEURS INCIDANT SUR L’INSÉCURITÉ ALIMENTAIRE :Divers facteurs poussent des millions de personnes, notamment dans les zones rurales, à avoir faim et à souffrir de malnutrition :
1. La pauvreté
2. La mauvaise distribution des richesses
3. La croissance démographique rapide
4. Le manque d’emploi, de revenus et de pouvoir d’achat des plus pauvres et des marginalisés de la société 5. L’insalubrité de l’environnement 6. Le manque de formation de base et le mauvais investissement des revenus.
La sécurité alimentaire dépend surtout de la croissance du secteur agricole.
C’est en effet ce secteur qui peut garantir un approvisionnement stable, harmonieux et suffisant d’aliments. Lorsque tel est le cas, des effets multiplicateurs se traduisent en emplois, meilleurs revenus et plus grande stabilité des familles agricoles. Il importe donc d’offrir aux travailleurs agricoles un accès à la terre et aux ressources pour la fertilité des sols, leur préservation et les ressources hydriques nécessaires. C’est ainsi que l’on atteindra un développement durable à long terme. Actuellement, par manque de mesures incitatives, l’exode rural se fait chaque année plus massif. Les campagnes sont abandonnées et avec elles la culture de la terre diminue, ainsi que la production d’aliments traditionnels. " Il y a sécurité alimentaire lorsque chacun dispose à tout moment d’un accès physique et économique suffisant à des aliments sains et nutritifs, pour satisfaire ses besoins et ses préférences alimentaires, aux fins d’une vie active et saine. " Telle est la définition de SÉCURITÉ ALIMENTAIRE établie par le Sommet mondial de l’alimentation, organisé par la FAO. Toutefois, nous sommes encore très loin de jouir de la sécurité alimentaire, en particulier dans la plupart des pays du Tiers-Monde.
En vérité, nous connaissons surtout une INSÉCURITÉ ALIMENTAIRE, qui génère des personnes mal nourries et vulnérable dans leur état nutritionnel.
La " dénutrition " caractérise l’état de personnes qui, en permanence, consomment un quantité d’aliments insuffisante pour couvrir leurs besoins en matière de calories. La situation d’insécurité alimentaire se produit lorsque les personnes n’ont pas accès à une quantité suffisante d’aliments sains et nutritifs et ne consomment donc pas les aliments nécessaires pour une croissance normale aux fins d’une vie active et saine. L’insécurité alimentaire peut être chronique ou transitoire. Lorsqu’elle est chronique, elle provoque la dénutrition. Cette insécurité alimentaire chronique, et donc cette dénutrition, est la conséquence directe et à long terme d’une consommation insuffisante d’aliments. L’insécurité alimentaire est généralement qualifiée de " chronique " lorsqu’une personne ne parvient pas à obtenir normalement les quantités suffisantes d’aliments, et de " transitoire " lorsqu’il s’agit d’une réduction temporaire dans la consommation suffisante d’aliments. Mais les personnes qui souffrent d’une insécurité alimentaire chronique peuvent aussi connaître des fluctuations dans la gravité de cette insécurité. La vulnérabilité est l’ensemble des facteurs qui exposent les personnes au risque de souffrir d’insécurité alimentaire, y compris les acteurs affectant sa capacité de subsistance. On entend par état nutritionnel la situation physiologique des personnes déterminée par la consommation d’aliments, les pratiques de soin et les conditions de santé et de salubrité. RETOUR
RÉGIONS ET PAYS SOUFFRANT D’INSÉCURITÉ ALIMENTAIRE Il y a actuellement 38 pays qui connaissent une situation d’urgence alimentaire, causée principalement par des conditions météorologiques difficiles et des troubles civils. Les conditions économiques peuvent aussi causer la vulnérabilité et l’insécurité alimentaire, si les biens et les revenus ne sont pas distribués de manière équitable parmi la population, ou lorsque l’investissement public et privé est insuffisant ou biaisé. La situation politique peut influer sur la sécurité alimentaire, de manière positive ou négative. Ainsi, les structures politiques encourageant la participation de la population tendent à réduire la vulnérabilité. Et l’existence de conflits civils est un facteur de vulnérabilité pouvant limiter les possibilités de commerce et d’emploi et entraîner la perte de biens, la destruction de l’infrastructure sociale et physique, voire le déplacement des familles touchées. Parfois, un niveau élevé de malnutrition est observé dans des populations habitant des zones touchées par des conflits chroniques. L’incidence des conflits civils est un facteur de vulnérabilité politique, étudié dans ce rapport et représenté par le nombre de pays souffrant une situation d’urgence. Les conditions sociales, y compris la situation des services sociaux et les attitudes sociales dominantes, ont également une influence notable sur la vulnérabilité et l’insécurité alimentaire. Il est peu probable qu’il existe une malnutrition là où la population a accès à des infrastructures sociales telles que l’éducation primaire, des centres de soins de santé ou des services d’extension. Les us traditionnels d’une population déterminent le type d’aliments consommés, la manière de distribuer les ressources et les aliments disponibles, et l’hygiène et la manière de préparer les aliments, ainsi que les pratiques dominantes d’assistance. Selon un rapport récent de la FAO, près de 10 millions de personnes ont un besoin d’aide urgent en Afrique subsaharienne. La grave sécheresse et la persistance du conflit civil, ainsi que l’insécurité dans nombre de pays de la région, ont provoqué le déplacement d’un grand nombre de personnes et ont interrompu la production d’aliments. RETOUR
ÉTAT DE L’INSÉCURITÉ ALIMENTAIRE DANS LE MONDELors du Sommet mondial sur l’alimentation, en 1996, les dirigeants du monde s’étaient engagés à réduire, pour l’an 2015, à 400 millions le nombre de personne souffrant de faim. Or, au rythme actuel du recul de la faim, à savoir une réduction annuelle de quelque 8 millions de victimes, il est impossible d’atteindre cet objectif. Selon le rapport de la FAO sur l’état de l’insécurité alimentaire dans le monde pour 1999, la diminution actuelle n’indique aucunement que le progrès soit uniforme dans tout le monde. Les données révèlent que, dans le première moitié de la décennie, seuls 37 pays ont réussi à diminuer leurs niveaux de sous-alimentation à un total de 100 millions de personnes. Dans le reste du monde en développement, le nombre de personnes qui souffrent de la faim avoisine 60 millions. L’état d’insécurité alimentaire dans le monde traduit également le fait que la faim n’est pas un problème qui touche seulement les pays en développement. Dans le rapport est présentée une première évaluation du nombre de personnes souffrant de sous-alimentation dans le monde développé, à savoir quelques 8 millions de personnes dans les pays industrialisés et 26 millions dans les pays en transition. RETOUR
Les régions les plus préoccupantes sont les suivantes :
L’AfriqueL’Angola, le Burundi, la République démocratique du Congo, la République du Congo, l’Érythrée, l’Éthiopie, la Guinée Bissau, le Liberia, l’Ouganda, le Ruanda, la Sierra Leone, la Somalie, le Soudan et la Tanzanie. Selon le rapport, la situation alimentaire est aussi " extrêmement préoccupante " en Somalie, où le manque de précipitations, les températures élevées et les conflits militaires ont entraîné la septième mauvaise récolte consécutive. La pénurie d’eau et l’intensification de la lutte armée ont déplacé 70 mille personnes. Le rapport estime aussi que " plus d’un million de personnes connaissent une grave pénurie d’aliments et plus de 400 mille personnes risquent de mourir de faim. " En Éthiopie, les cultures semées au début de saison ont été partiellement perdues. Le rapport prévoit qu’une aide alimentaire urgente devra être adressée à plus de 5 millions de personnes, y compris les 385 mille déplacés par la guerre de l’Érythrée. Dans cette dernière zone, la guerre a déjà causé le déplacement de 250 mille personnes et la déportation de quelques 61 500 personnes depuis l’Éthiopie. Malgré une bonne récolte en Érythrée en 1998, la situation alimentaire reste " très difficile ". Au Kenya, en Ouganda et en Tanzanie, où la situation politique est plus stable, une sécheresse prolongée a sérieusement touché la production agropastorale, obligeant de nombreux éleveurs de l’ouest de l’Ouganda, par exemple, à se déplacer vers le nord de la Tanzanie, en quête d’eau et de pâturages. La production de céréales a franchement diminué en Afrique du Sud, au Botswana, au Lesotho, en Namibie et au Zimbabwe.
Malgré tout, le rapport ne donne pas que de mauvaise nouvelles. Il annonce aussi que l’approvisionnement alimentaire, dans presque toute l’Afrique occidentale, et surtout au Sahel, " va se maintenir à des niveaux satisfaisants jusque la prochaine récolte ".L’AsieL’Afghanistan, l’Indonésie, l’Irak, la République populaire démocratique de Corée, le Laos et la Mongolie.L’Amérique latineCuba, la République Dominicaine, le Salvador, le Guatemala, le Guyana, Haïti, le Honduras, le Nicaragua, Saint Kitts & Nevis.
La Communauté des États indépendants (CEI) et l’Europe de l’estL’Albanie, l’Arménie, l’Azerbaïdjan, la Bosnie-Herzégovine, la Géorgie, l’ex-République yougoslave de Macédoine, la fédération de Russie, le Tadjikistan et la République fédérale de Yougoslavie.SOURCE : COMITÉ DE SÉCURITÉ ALIMENTAIRE MONDIALE DE LA FAO, 25è période de sessions, Rome, du 31 mai au 3 juin 1999.
José Gómez Cerda